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« Quand le taureau tombe, les égorgeurs se bousculent au portillon ! »
A regarder de près, ces « révolutions spontanées » dans le monde arabe, semblent obéir à une même logique de déstabilisation de l’ordre par le désordre si cher aux adeptes de la théorie du chaos émancipateur. Cette extériorisation de la colère exacerbée chez les peuplades arabes contre des gouvernants en mal de légitimité, apportera une certaine satisfaction aux tenants de la mondialisation et de la globalisation.
Faut-il rappeler que des pays comme la Tunisie, l’Égypte, la Syrie, le Yémen, la Libye, le Soudan, la Maurétanie, le Liban et l’Algérie sont tous dirigés par des « militaires » !
Pendant 29 jours (du 17 décembre 2010 au 14 janvier 2011) la Tunisie citadelle sécuritaire face à l’intégrisme et l’islamisme, a réussi le pari fou de maintenir le statu quo par un savant vernissage de façade ! Ben Ali est bien parti, lâché par ceux-là même qui l’avaient placé à la tête du pays !
Les changements ne toucheront en fin de compte que les domaines du social et de l’économie pour un semblant de liberté. L’Algérie s’en réjouit et une aide substantielle de 100 millions d’euros, a été allouée à ce pays frère !
 Des têtes sont tombées mais la Tunisie n’a pas basculée…
L’ Égypte de Mou-barak (comme Yahoud-Barak et Obama-Barak ?!) n’a tenu en fin de compte que 18 jours ! Sommé de partir, le pharaon a laissé à l’armée, le soin de veiller aux intérêts d’Israël ! Le reste n’est que littérature…
Le Yémen, un pays exportateur de GNL depuis 2009 a lui aussi eu, son « jour de colère » le 3 février 2011 ! Il est bien curieux de constater que malgré tous les massacres commis contre son peuple, Ali AbdAllah Salah n’a nullement été inquiété par l’occident si prompt à brandir les Droits de l’homme !
Il s’accroche au pouvoir en comptant sur l’usure et le pourrissement…
La Syrie de Bachar vient comme à son habitude, de réactiver le cycle de la violence de l’état contre des civils désarmés, depuis le 15 mars 2011…sous le regard impassible des défenseurs de la démocratie et des chantres des droits de lhomme !
Les horribles massacres du 2 février 1982 à Hamat, ont jeté l’effroi dans la mémoire des syriens puisque Hamat fut rasée par l’artillerie de la secte chiite minoritaire des alaouites au pouvoir depuis le coup d’Etat du 13 novembre 1970.
Ce régime sanguinaire ne s’arrêta pas en si bon chemin !
Entre mars et mai 1980, le régime perpétrait une série de massacres, les uns à la suite des autres, citons Djisr Azaghrour, Souq Al-Ahad, le quartier de Hananu, d’Alep, de Tudmor et le quartier Al-Bustan de Hamat…
La soldatesque syrienne est efficace quand il s’agit de décimer des civils impuissants ou d’écraser de pauvres libanais comme en 1976 ou de mettre au pas comme en 1982 à Tripoli, les milices palestiniennes ! Cependant la Syrie n’arrive toujours pas à récupérer les hauteurs du Golan, occupées par le petit Goliath depuis la guerre de 1967 !
A défaut d’un état de Droit, un état d’exception
==> La Syrie depuis 1963 soit 48 ans !
==> Le Maroc depuis le 08 juin 1965 soit 46 ans !
==> L’Égypte depuis 1981 soit 30 ans !
==> Le Soudan depuis le 30 avril 1984 soit 27 ans !
==> La Maurétanie, le 25 avril 1989 soit 22 ans !
==> L’Algérie instauré depuis 1992 soit 19 ans !
Ce qui se passe en Libye dépasse l’entendement.
Du système tribal à l’allégeance
-  Les WARFALA représentent environ le 1/6e de la population globale (de plus de six millions d’habitants) et sont implantés à Fezzane, Benghazi surtout et à Syrte.
-  Les KADAFA ! C’est la tribu du guide libyen, El Kadhafi. Ses membres se trouvent à Syrte et à Sebha. Ils sont TOUS fortement armés !
-  Les MEQARHA, tribu de Abdessalam Djelloud, écarté en 1993 par El Kadhafi. Ses membres sont TOUS armés.
-  Les TERHOUNA est un regroupement de petites tribus. (Une soixantaine environ) La plupart de ses membres, sont des militaires de carrière.
- Les ZENATA, les TOUAREG et les BENI SLIMANE sont l’autre composante hétéroclite du peuple libyen.
Sa position géostratégique et son importance
 La Libye est limitée par six pays :
- Au Nord/Ouest, la Tunisie avec 459 Km
-  A l’Ouest, l’Algérie avec 982 Km
- Â Au Sud/Ouest, le Niger avec 352 Km
- Au Sud, le Tchad avec 1055 Km
- Â Au Sud/Est, le Soudan avec 383 Km
- A l’EST, l’Égypte avec 1115 Km
La Libye un trait d’union incontournable entre le Mechrek et le Maghreb d’une part, entre l’Europe et l’Afrique d’autre part.
Du cassus belli au droit de belligérance
La France coloniale avait opposé face à la question algérienne, une argumentation très forte :
-  L’Algérie est un territoire français.
- Les insurgés sont des rebelles qui tombent sous le coup de la loi pénale.
- L’affaire relève exclusivement de sa compétence nationale.
Or ici, dans ce cas précis, il est nettement évident que les commanditaires patentés veulent internationaliser le conflit !
Sinon, comment expliquer que des civils « insurgés » portant ouvertement des armes, occupent des « territoires libérés », deviennent « belligérants », déploient ostensiblement un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance, se dotent d’un gouvernement de transition et provoquent un conflit armé ouvert sous « faux pavillon » (false flag) pour faire ainsi endosser au pouvoir central la responsabilité du casus belli !
Depuis Hugo Grotius à la convention de la Haye de 1907, le Droit international est utilisé adroitement semble-t-il pour attiser les conflits et non pour les apaiser ! La reconnaissance d’un gouvernement ineffectif quoique affranchi de toutes les servitudes du pouvoir ne peut répondre qu’à des considérations d’ordres hautement politiques.
De jure belli ac pacis au délit d’ingérence
 C’était sans compter sur la célérité des puissances occidentales par l’ONU interposée. Pour cette dernière, la protection des civils en temps de conflit armé est une priorité absolue ! Donc la population libyenne étant exposée à tous les dangers inhérents à la guerre, force le conseil de sécurité à prendre les mesures idoines à sa protection !
Les forces déléguées par l’ONU devaient normalement s’interposer entre les deux belligérants et assurer la sécurité des civils ! Il n’en fut rien…
A une force onusienne, se substitua l’OTAN et son formidable arsenal de guerre qui se chargea de contrer une armée régulière dans un pays souverain et de prêter main forte aux « insurgés » !
Dès lors, le conflit prit une autre tournure. Il s’agit bien là , d’une agression caractérisée contre un pays souverain avec la bénédiction de l’ONU !
La hot pursuit ou le droit de poursuite
 Les groupes factieux sont parfois poussés (guérilla oblige) à se réfugier dans un pays limitrophe.
L’autorité de Droit peut les poursuivre pour exercer un acte de coercition et être attiré ainsi intentionnellement ou par excès dans une confrontation directe avec les forces du pays tiers.
-  Les États-Unis ont utilisé ce Droit en poursuivant les talibans afghans réfugiés au Pakistan.
-  Israël a poursuivi dans le sud du Liban les auteurs d’attentats en Israël.
-  L’Irak a permis à la Turquie de poursuivre les maquisards kurdes sur son territoire.
-  La France n’avait pas hésité une seconde, a bombardé en Tunisie le 08 février 1958, le village historique de Sakiet Sidi Youcef, en poursuivant les Moudjahidine de l’ALN.
Aujourd’hui, on s’étonne perfidement à voir les Kataïb de Kadhafi utiliser ce même Droit !
Les états n’ont pas d’amis mais seulement des intérêts !
Les raisons d’une probable déchéance
 Peut-on affirmer aujourd’hui que le guide de la révolution du 1er septembre 1969 est un Chérubin ? Doit-on au contraire, le diaboliser et justifier tous ces scénarios de mise à mort ?
Pourquoi d’autres despotes n’ont-ils pas eu le même destin ? La justice des hommes est-elle à ce point aveugle ? Que peut bien cacher cet acharnement contre un potentat et contre tout ce qu’il représente ? Comparé à certains, Kadhafi est un enfant de chÅ“ur !
Faut-il encore rappeler que le colonel Kadhafi avait adopté une politique d’économie africaine très audacieuse ce qui forcément n’est pas du goût du FMI et autres places fortes financières européennes et américaines !
Le colonel Kadhafi a eu le mérite d’avoir largement contribué au lancement du 1er satellite Africain (RASCOM1) et d’avoir Å“uvré au recouvrement de la dignité des africains par la création de l’Union Africaine que l’Union européenne essaya dans un premier temps mais en vain de saborder, en créant l’UPM avec à sa tête Sarkozy et le tristement Moubarack comme vice-président pour couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique !
Pour déstabiliser et contrer l’idée des « Etats Unis Africains », l’Union Européenne, va encourager les dirigeants africains qui lui sont inféodés à se réunir dans des regroupements régionaux africains tels que :
-  La Cedeao (La Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest)
- Â la Comesa (Common Market for Eastern and Southern Africa)
-  L’Udeac (l’Union Douanière et Economique de l’Afrique Centrale)
- La Sadc (Southern African Development Community)
- Le Grand Maghreb.
Kadhafi en fin stratège avait bien compris que si les dirigeants de l’Afrique subsaharienne restaient dépendants financièrement de l’Europe, ils ne pourraient jamais retrouver leurs dignités et resteraient pour toujours débiteurs des banques étrangères.
L’Algérie principal actionnaire du Fond Monétaire Africain avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars, contribuent à eux seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars !
Trahison et accointances
 Hier l’Irak, aujourd’hui l’Afghanistan et la Libye ! Demain, à qui le tour ?
Le conseil des monarchies du golfe a promptement envoyé ses troupes en renfort au Bahreïn confronté a des troubles et à une agitation subversive !
Au Yémen les monarchies du golfe ont offert leurs bons offices pour trouver une issue honorable au président isolé dans une impasse politique !
La Libye du colonel Kadhafi dérange et personne n’a osé lever le petit doigt face à cette hégémonie occidentale…
ALLAH protégez-moi de mes amis ! Mes ennemis, je m’en charge !
Kamel   (Ecrit le 03 mai 2011)
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    Un empire fondé sur les armes, a besoin de se soutenir par les armes.                                                                                                                   (Montesquieu)
La révolution arabe s’essouffle-t-elle ? Était-ce simplement un feu de paille ?
Tous les pays arabes sont pratiquement dirigés par un groupe factieux, issu d’un putsch ou d’un coup d’état militaire. Cette junte peut rester dans l’ombre et abhorrer une façade démocratique en se servant de civils comme pantins ou carrément imposer une dictature pure et dure !
Maudits soient les militaires qui font de la politique !
- Ils ont TOUS utilisé les richesse du pays, à des fins personnelles et familiales !
- Ils ont TOUS créé « une Nomenklatura » servile et ambitieuse.
- Ils ont asservi le reste de la population.
- Ils se sont assurés une rente.
- Ils ont dilapidé les richesses du pays, sans vergogne.
- Ils ont institué le clientélisme et le régionalisme. (Travail, logement, privilèges)
- Ils ont mis en place un arsenal juridique pour contrer tout opposant et le museler « légalement »
- Ils appliquent à la lettre, les recommandations de leur commanditaire.
Maudits, soient-ils !
Ben Ali avait jeté l’éponge pour se réfugier en Arabie Saoudite pour une Dolce Vita dans les douceurs du somptueux palais anciennement occupé par le roi Fahd à Djeddah.
Le premier ministre tunisien, Bedji Caïd Essebsi a visité l’Algérie 15 mars 2011 lors de sa première visite officielle. Puis ce fut le tour ensuite de Rachid Ghannouchi chef de file du parti islamiste tunisien, d’effectuer une visite officielle de trois jours à Alger sur invitation du président Bouteflika.
Bien sûr, l’Algérie a son mot à dire et ne peut rester dans l’expectative en ignorant superbement les grandes mutations géostratégiques à ses frontières.
C’est une règle communément admise.
Le chef du gouvernement tunisien Hamadi Jebali a présenté mardi soir au président de la République Moncef Marzouki la liste de son équipe gouvernementale.
Le silence tacite du pouvoir algérien vis à vis des évènements en Libye se passe de tout commentaire. Les grands de ce monde en avaient décidé ainsi…
On ne pouvait que négocier pour la défense de nos intérêts. Pour le reste, chacun pour soi ! On a sonné l’hallali et la curée avait déjà commencé…
L’Égypte par contre, est un autre enjeu ! C’est un acteur incontournable au moyen orient. Beaucoup d’intérêts sont en jeu…Israël ne permettra jamais un régime antisémite dans ce pays qui est infesté par le Mossad. Moubarak le pion, avait fait le nécessaire pour cela. Et c’est pourquoi tout a été fait pour que l’intérim soit assuré par des militaires qui seront les garants des intérêts d’Israël.
Les Egyptiens se sont aperçus de la supercherie puisque le véritable pouvoir occulte a été démasqué. Il s’est avéré que Moubarak n’était qu’un pion sous les feux de la rampe ! « L’armée est la garante des intérêts de l’Egypte » disait Tantaoui ! Entendez, les « intérêts » d’Israêl !
Obama mettra la pression et fera tout pour avoir les faveurs de l’AIPAC, principal lobby pro-Israël aux États-Unis. La lutte promet quand même, d’être âprement difficile.
Le pouvoir yéménite est fortement manipulé par les dirigeants saoudiens. Le Yémen est, ce que la Tunisie est à l’Algérie. Ils ne permettront jamais un régime radicaliste dans ce pays même si la moitié de la population serait finalement décimée par l’armée. Toutes ces gesticulations politiques tournent autour du maintien d’un régime qui leur serait fatalement inféodé.
Et c’est à ce prix seulement, que la paix sera rétablie au Yémen.
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